06.10.2006

L'Informatique recrute en Région Sud

medium_dell.2.jpg2e volet - LE GRAND SUD : La province bénéficie de la reprise du secteur informatique. Deuxième étape du tour de France NTIC des régions : le grand Sud, qui est sans conteste le grand gagnant de la tendance. 


Entre le sud-ouest, toujours ancré dans l'aéronautique, le sud-est, axé sur l'électronique et les technologies de l'information, et Rhône Alpes très diversifié, les opportunités sont nombreuses. Sans oublier les « nouveaux » centres de services qui continuent à recruter…
Aquitaine, Provence Alpes Côte d'Azur et Rhône Alpes se disputent en effet la palme des recrutements d'ingénieurs et techniciens. Mais les ressorts de cette dynamique évoluent progressivement, depuis deux à trois ans. Et le tiercé arrive dans un ordre légèrement différent selon les SSII et en particulier en fonction de leur organisation d'une part et de la concentration de certains secteurs d'activités.

«Un quart de nos recrutements en région se concentrent dans le Sud Ouest», énonce Dominique Duflo, DRH de Sogeti. « Nous recrutons ainsi 250 personnes dans cette région. »

Largement cité en tête, le Sud-Ouest profite en effet toujours de l'activité de l'aéronautique et du spatial, largement dominée par l'incontournable Airbus à Toulouse, porteur d'une logique industrielle sur de très grands projets.

Globalement, les profils recherchés concernent l'ensemble des métiers d'ingénieur mais avec des dominantes indéniables et historiques.

A Toulouse l'aéronautique s'appuie sur l'informatique embarquée, et l'électronique appliquée à ce secteur. Mais des profils plus généralistes sont aussi requis, notamment en ce qui concerne le management de projet : la tendance à la forfaitisation des projets industriels se poursuit et requiert de solides compétences pour mener à bien des chantiers désormais assortis d'engagement de résultats.

Ainsi Alten, qui poursuit son évolution vers les technologies de l'information met l'accent sur Bordeaux : la SSII y recherche de nombreux profils purement informatiques en système d'information et en assistance à maîtrise d'ouvrage destinés d'une part aux entreprises de service de la région et aux DSI des grands industriels.


Une activité soutenue de Bordeaux à Nice
 
Mais le Sud Ouest vit, comme d'autres régions de France, une mutation de fond : les centres de services modifient sensiblement et progressivement la répartition de compétences sur le territoire.

Ainsi, les centres SAP de Capgemini à Toulouse ou d'Atos Origin à Bordeaux concentrent les profils adéquats.

Front office chez le client, back office concentré, la formule est désormais largement généralisée, en tout cas pour les grandes SSII qui ont désormais bien rôdé le modèle industriel.

Une tendance de fond qui change donc progressivement la donne : l'aéronautique n'est plus la seule ressource d'emploi de la région Sud Ouest. Les centres de services permettent aux ingénieurs locaux de trouver d'autres débouchés d'emploi.

Pour autant, les dominantes régionales historiques ne sont pas prêtes de s'estomper.

Entre les nombreuses PME implantées dans le sud est et les quelques sièges européens d'entreprises européennes et mondiales, l'activité s'avère bien soutenue mais beaucoup plus diffuse dans le Sud-Est.

Sophia Antipolis en PACA reste un point d'ancrage majeur dans les technologies de l'information. Notamment dans le secteur des télécoms, qui repart nettement à la hausse, tiré par les équipementiers. Ou bien encore avec le « Global Delivery Unit » de Steria, un centre d'hébergement des infogérances des clients nationaux de la SSII.

Avec Marseille et Gemenos, l'activité en PACA ne faiblit pas, loin de là. Un effet déjà ressenti de la présence du pôle Solutions Communicantes Sécurisées, un des plus importants pôles de compétitivité en France ? Difficile à dire : «nous étions déjà présents au sein des entreprises concernées par les pôles de compétitivité», répond Dominique Duflo (Sogeti). Question de temps : les projets de recherche et développement des pôles démarrent, les investissements arrivent : «nous sommes dans l'expectative».

Industrie et notamment chimie, tertiaire, banque, entreprises publiques… le tissu économique de la région Rhône Alpes fait preuve d'un fort dynamisme, avec des tendances assez diversifiées. 170 recrutements chez Atos, une cinquantaine chez Sogeti, la région maintient un bon niveau de croissance, même si elle s'inscrit nettement en deuxième rang. Et la bonne concentration d'écoles et universités y facilitent nettement les recrutements de jeunes.

Une opportunité pour les Franciliens

 

Le Grand Sud fait donc preuve d'un dynamisme partout qualifié de majeur, juste après celui de l'Ile de France. Quant aux profils recherchés, ils sont extrêmement diversifiés.

Réseaux et télécoms, informatique industrielle ou développement nouvelles technologies restent le socle des profils recherchés.

Mais les compétences ERP trouvent désormais de nombreux débouchés dans le Sud Ouest et en Paca : une excellente opportunité pour les Franciliens en quête de meilleure qualité de vie.

Car si les jeunes ont fortement la cote cette année, les expérimentés sont aussi bienvenus en région.

Chez Atos Origin notamment, la grande majorité des recrutements en régions concernent des ingénieurs dotés de 5 à 8 ans d'expérience. Sans oublier de véritables experts plus pointus encore, qu'il faut alors aller chercher sur le marché. Car dans le Sud, comme en Ile de France, les ressources pointues ne sont pas si faciles à dénicher.

Les PME en savent quelque chose, qui peinent à attirer les recrues, notamment dans des villes un peu moins prisées par les ingénieurs. Ainsi Paul Bertrand, pdg de Watteco, jeune PME spécialisée dans la maîtrise de l'énergie, se désespère : "Nous devons multiplier par deux nos effectifs mais nous n'attirons pas les développeurs dont nous avons besoin car notre entreprise est basée à Toulon. Et cette ville ne bénéficie pas d'une bonne infrastructure et souffre d'un lourd déficit d'image. Donc soit la société sera amenée à sous-traiter, soit elle devra s'installer ailleurs !"

Lire l'avis d'expert sur JOBETIC : En région, Atos, recrute essentiellement pour ses centres de services

Article réalisé pour 01 Informatique 15/09/06
 
Corinne Zerbib
 

21.09.2006

Recrutement Informatique : Le grand ouest a le vent en poupe

A l'heure où les nouvelles technologies constituent un enjeu de la compétitivité des entreprises, les informaticiens ont leur carte à jouer.

L’ensemble des régions françaises bénéficie de la reprise du secteur informatique. Nous vous proposons de faire le tour de France NTIC des régions. En commençant par le grand ouest qui a le vent en poupe...

De la Picardie à la Bretagne en passant par le Centre, le grand Ouest de la France arrive en second rang derrière le Sud dans le palmarès des régions qui recrutent. Après une longue traversée du désert, la région fait preuve d’un nouveau dynamisme depuis quelques mois en s’appuyant d’abord sur ses métiers historiques : la banque dans les Pays de la Loire, les assurances et mutuelles dans le Centre, et bien sûr les télécoms en Bretagne. Mais à l’Ouest comme dans le Sud, les centres de services fournissent eux aussi de nouvelles opportunités aux ingénieurs locaux ou parisiens en quête de qualité de vie.

Les plans de recrutement et offres d’emploi en cours témoignent bien de cette reprise générale.

Ainsi par exemple, Capgemini recrute 70 développeurs objet débutants sur toute la région : Brest, Caen, Le Mans, Nantes, Orléans, Rennes, Rouen et Tours. Et Atos Origin poursuit un plan de 150 recrutements notamment sur Rennes et Orléans. Quant à Unilog, ses recrutements se concentrent actuellement sur Orléans, où la SSII compte doubler ses effectifs sur deux ans. Et s’il fallait encore convaincre de la reprise dans l’ouest de la France, les offres d’emploi actuellement en cours en Normandie constituent un argument indéniable : outre Capgemini et Altitude, de nombreuses SSII locales recrutent des profils variés – ingénieurs de développement, spécialistes télécoms, … - dans une région pourtant peu propice à  l’emploi dans ce secteur.

Les moteurs de ce dynamisme ? La rationalisation des systèmes d’information, la politique accrue de sous-traitance et les grands projets de consolidation du secteur bancaire, expliquent les acteurs de la région.Sans oublier les télécoms qui battent leur plein : Lannion et Rennes reviennent en force. Un secteur qui recrute tout autant pour ses besoins en recherche et développement de nouveaux produits, que pour construire et améliorer ses systèmes d’information et infrastructures. Majoritairement concentré sur la Bretagne, les besoins en compétences télécoms se font également ressentir ailleurs, et notamment à Rouen, siège d’Altitude qui recherche des architectes réseaux. L’Ouest de la France garde cependant sa forte couleur tertiaire. Le Mans et Niort confortent leur label de fief des mutuelles. Ces dernières poursuivent leurs grands travaux liés aux nombreuses fusions opérées ces dernières années. Quant aux centres de services, ils participent à l’embellie générale. Notamment à Nantes : Accenture Technology Services, Stéria, Atos Origin y ont installé d’importantes plates-formes de back office.

Des ingénieurs nouvelles technologies mais aussi développeurs grands systèmes, chefs de projet, consultants métier dans les assurances et les banques, et même un directeur de centre de services chez Atos à Orléans, les opportunités couvrent donc un éventail très large de compétences. Entre la forte densité de systèmes d’information bancaires et de mutuelles et l’installation de centres de services, certains profils jusque là délaissés reprennent vigueur sur le marché de l’emploi. En particulier les bac +2 et les compétences en grands systèmes. Ainsi, à Nantes, Business et Décision recrute des intégrateurs d’application de niveau bac + 2, avec trois ans d’expérience Unix et SGBD. Et quasiment tous les acteurs de la région recherchent des compétences en « anciennes » technologies : Natural Adabas, Pacbase, MVS, CICS, Cobol, Pascal et même Basic ! Pas de doute, l’Ouest reste la région la plus diversifiée après l’Ile de France.

Corinne Zerbib

Article réalisé pour 01 Informatique (15/09/09)