27.10.2006

Quand la Chine innovera...

Entreprises :

- 70% de leurs recettes proviennent des produits et des services traditionnels existants,

- 20% du développement et de l'amélioration de leurs produits et services,

- 10% seulement de la création et de l'innovation.

Ces résultats sont issus de l'Enquête spéciale sur les créations et les innovations effectuée par le Bureau d'Etat des Statistiques (BES)… en Chine.

Shanghaï est considérée par les Chinois comme la ville des start-up, et la ville étrangère idéale pour innover : New York. Et non Paris, Lyon, Grenoble, Nice, Marseille, Toulouse ou Caen...

 

Et la France dans tout ça ???

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Ne doutons pas que le président Chirac ait invité ses hôtes à découvrir nos pôles de compétitivité. La visite des grands patrons du CAC 40 et la vente des 150 A320 d'Airbus changeront peut-être le regard des Chinois sur l’innovation hexagonale. Car, comme le rappelle l'Elysée, "une partie de l'influence et de la place de la France dans le monde de demain dépend de son aptitude à construire avec la Chine une relation particulièrement forte".

Pour ceux qui voudraient tenter l'aventure de l'innovation en Chine : UbiFrance et Oséo.

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Iritsen

Source Radio Chine Internationale

17.10.2006

CMMi : du nouveau pour les petites et moyennes SSII

Le syndicat professionnel Syntec Informatique vole au secours des petites et moyennes SSII et des éditeurs de logiciels. Objectif ? Les aider à adopter le modèle désormais incontournable : CMMi.

La liste exhaustive des partenaires de l’opération en dit long sur la mobilisation lancée par Syntec Informatique pour aider les PME du secteur informatique à adopter les pratiques CMMi (prononcez "si m m aïe!"). CMMi pour Capability Maturity Model Integrated. Il s'agit d'un référentiel de critères d'évaluation des fournisseurs logiciel. Oséo Anvar, HSBC, Drire, acteurs institutionnels…, tous se mobilisent pour fournir aux PME les moyens de rester compétitif dans la course à la globalisation des services qui s’intensifie.

L’enjeu est de taille : « permettre aux entreprises régionales de continuer à répondre aux appels d’offre des clients français et européens », dit Syntec Informatique. En d’autres termes, il s’agit de faire face à la concurrence de l’offshore et du nearshore.

Pour l’instant, le projet cible les Pays de Loire, première région pilote qui servira de modèle aux autres territoires de l’Hexagone qui souhaiteront participer à l’opération. « C’est l’aboutissement d’un an de travaux », sourit Franck Populaire, qui porte le projet au sein du Syntec Informatique. But de la démarche : accompagner prestataires et éditeurs par des actions de formation et de conseil, notamment en mutualisant certaines prestations. Ainsi les formations seront prises en charge à hauteur de 50% par le Fafiec qui fait de cet objectif une priorité.

 
Soutenir les PME

Mais pourquoi une telle démarche proactive de la part des instances nationales ? « Une PME seule n’a pas les moyens d’opérer la transition vers un modèle de bonnes pratiques assez lourd à adopter », répond Franck Populaire. Pour les territoires, voilà également un moyen de favoriser le passage de l’ère industrielle à celle des services … industrialisés.

« Nous allons accompagner des entreprises de 10 à 500 personnes, explique Antoine Nardèze, instructeur CMMi chez Alcyonix, cabinet retenu pour accompagner les PME. La démarche collective permet de mutualiser les prestations de formation et d’accompagnement ».

Dans cette première approche, il s’agit de parvenir au niveau 2 de CMMi, c’est à dire de commencer par « discipliner » les activités de développement logiciel : « Les processus sont établis et documentés pour chaque projet. » Le niveau 2 permet ainsi de gérer les exigences, les processus, les produits de sortie et les services. Il faudra donc bien longtemps avant de voir ces petites structures rejoindre le nirvana – le niveau 5 que bon nombre de SSII indiennes ont déjà atteint.

 
Article réalisé pour 01 Informatique (06/10/06) 

Corinne Zerbib (Alias Presse)

 

medium_CMMi.3.jpgAnne-Laure Mazin, directeur marketing de Sodifrance :

« Ce projet va dans le sens de notre démarche globale. Sans l’appui du Syntec Informatique et de tous ses partenaires, nous aurions certes migré notre méthode maison vers CMMi, mais beaucoup plus lentement. Il ne pas confondre industrialisation avec CMMi et automatisation des projets : de plus en plus de projets sont industrialisés en s’appuyant sur CMMi qui décrit comment travailler. Automatiser les projets implique de pouvoir reprendre rapidement les parcs applicatifs, les lotir et les cartographier, en automatisant. L’approche automatisée nous permet de traiter les projets en nearshore et constitue donc une réponse à l’offshore, car elle permet des coûts compétitifs. La garantie CMMi est un atout indéniable. Nos clients veulent travailler en toute sécurité. CMMi nous fournira le benchmark de qualité qui nous manque aujourd’hui. »

06.09.2006

L'avenir des PME dans les mains de l'OMC

C'est en ce moment même qu'ont lieu à l'OMC des négociations qui pourraient annoncer une nouvelle ère pour les PME européennes. Et plus particulièrement des PME de haute technologie. L'enjeu: la renégociation de l'Accord sur les Marchés Publics.

Comme nous l'expliquions dans la note du 01.09.06, les PME, tant françaises qu'européennes, ont difficilement accès aux marchés publics. Ce qui n'est pas le cas de leurs consoeurs américaines qui, grâce au Small Business Act, ont un accès garanti à une certaine part du gâteau national. Un gâteau qui, d'après le Comité Richelieu, l'association française des PME de haute technologie, s'élève au niveau européen à 1 500 milliards d'euros annuels.

Le manque à gagner remet donc en question la compétitivité de ces PME, qui se trouvent de fait en concurrence directe avec de grandes entreprises. Et si l'Etat français vient bien de modifier en partie ce code (article 60 du décret publié au J.O n° 179 du 4 août 2006), il se heurte à des normes européennes qui ne permettent pas d'en faire l'égale de son homologue américain. D'où les renégociations actuelles.

Bientôt une deuxième réunion 

"Mais la Commission européenne reste extrêmement réticente à l’idée de demander un statut équivalent pour les PME européennes, assurent les membres du Comité Richelieu. La Commission européenne estime que les PME européennes bénéficient déjà de 78 % des marchés publics européens. Ce chiffre est inexact. Il est calculé à partir du nombre d’entreprises bénéficiaires de marchés et non sur leur montant financier. De plus, il englobe également les filiales de grandes entreprises."

Par rapport aux renégociations, "des résultats pourraient très vite tomber, explique enthousiaste Emmanuel Leprince, délégué général du Comité Richelieu. Et une deuxième réunion est de toute façon prévue fin septembre." Si un dispositif similaire au Small Business Act se mettait en place, il ne suffirait peut-être pas à lui seul pour garantir la compétitivité des PME européennes. Mais il pourrait y contribuer fortement.

Nous publierons dès que possible les premiers résultats de ces renégociations. 

 

Une pétition européenne en faveur d'un Small Business Act Européen, signée notamment par la Fédération européenne des PME de haute technologie, circule actuellement. Nous joignons ici un extrait de la liste des signataires: Petition_SBA_Europeen.doc.

Olivier James

 

04.09.2006

Non, non, les sciences n'ont pas de sexe

Marie Curie doit encore se retourner dans sa tombe. Depuis un siècle, rien - ou presque - n'a changé: les femmes sont largement sous-représentées dans les sciences, l'ingénierie et les technologies. Et ce des études supérieures au monde professionnel. Pour juger de l'efficacité des dispositifs mis en place dans certains pays pour améliorer la situation, un colloque est organisé par l'OCDE les 28 et 29 septembre prochains à Ottawa (Canada).

Un rapport de cette même organisation, publié en mai 2006, précisait d'ailleurs que "dans la plupart des pays, les femmes représentent moins de 25% des étudiants en informatique et en sciences de l’ingénieur. En revanche, elles sont systématiquement plus nombreuses que les hommes en sciences de la vie." Des mesures efficaces sont donc attendues dans nombre de pays pour équilibrer les chiffres.

Enjeu: dynamiser des filières scientifiques universitaires désertées et garantir par la même occasion le renouvellement d'une main d'oeuvre qualifiée bien nécessaire pour assurer l'excellence technologique - et donc la compétitivité - de chaque pays.

Olivier James

30.08.2006

Un an de compétitivité, le bilan selon le gouvernement

medium_ANI.jpgLe Président de la république publie ce jour, 30 août, un premier bilan des pôles de compétitivité:

 

"La politique des pôles de compétitivité vise à stimuler l'innovation et accroître la compétitivité des entreprises présentes en France pour leur permettre de créer de la richesse et des emplois. C'est une politique industrielle et d'aménagement du territoire novatrice qui vise à s'appuyer sur la proximité et la solidarité territoriale pour rapprocher enseignement supérieur, recherche publique et entreprises.

1. Tous les pôles de compétitivité sont aujourd'hui opérationnels

Un an après la labellisation de 66 pôles de compétitivité, dont 16 pôles mondiaux ou à vocation mondiale, ceux-ci sont pleinement opérationnels. Dès la fin 2005, l'ensemble des contrats cadres des pôles de compétitivité ont été validés, permettant la mise en place de structures de gouvernance qui intègrent quasi-systématiquement des PME. La dynamique engagée dans chaque pôle a d'ores et déjà permis un décloisonnement des rapports entre entreprises et centres de recherche.

2. Les moyens financiers publics annoncés sont mis en place selon le rythme prévu.

La politique des pôles de compétitivité a été dotée de moyens importants, puisque la part de l'État s'élève à 1,5 milliard d'euros sur trois ans. Cela comprend 230M€ sur le budget de l'État pour les aides à la R&D (Recherche et Développement), et 310M€ pour les agences (80M€ de l'AII (Agence de l'Innovation Industrielle), 200M€ de l'ANR(Agence Nationale de la Recherche) et 30 M€ d'Oseo Anvar).
Le financement des projets de R&D fait l'objet d'une procédure simplifiée grâce au regroupement au sein d'un fonds unique avec une procédure unique autour de 3 appels à projets par an, des financements de 6 ministères: Industrie, Défense, Agriculture, Equipement, Santé et Aménagement du territoire.
Le gouvernement met aussi en place des dispositifs d'aides fiscales zonées prévus par la loi de finances pour 2005, avec, notamment, la définition pour chaque pôle d'une zone de R&D, destinataire d'avantages spécifiques. Il a été ainsi publié un certain nombre de zones au JO de samedi dernier.

3. Le premier bilan des projets de R&D montre l'effet de levier de ces aides

A ce jour les appels à projets de 2006 et de 2005 ont permis de soutenir 165 projets qui représentent un montant de dépenses de R&D de 1,5 milliards d'euros et 4000 chercheurs.
Les appels à projets de l'ANR réalisés en 2005 ont permis le financement de 330 projets de recherche partenariaux public-privé ou amont. Le soutien de l'ANR en 2006 aux pôles devrait être du même ordre de grandeur.
L'analyse des projets montre une concentration thématique sur les secteurs télécom et multimédia, énergie, santé, biotechnologies, aéronautique et transports - qui recueillent plus des trois quarts des crédits.

4. La politique des pôles de compétitivité sera poursuivie en tenant compte des premiers retours d'expérience
Il y aura ainsi:
• Poursuite de l'effort de simplification
• Incitation à se coordonner des pôles qui traitent d'une même thématique
• Accélération du développement international des pôles de compétitivité. Des projets de coopération avec entreprises et organismes de recherche situés en Allemagne, au Portugal, au Japon et au Canada ont été identifiés par certains pôles à la suite de missions effectuées dans ces pays.
• Association des financements et des compétences du capital risque et du capital investissement. Des forums de financement et de l'innovation sont organisés en région depuis le début 2006 et seront poursuivis jusqu'en 2007. Ces forums permettent une mise en relation des entreprises innovantes avec les investisseurs en s'appuyant sur les pôles de compétitivité.
• Renforcer l'évaluation des pôles de compétitivité.
L'élan suscité par l'appel à projets pour la labellisation des pôles de compétitivité se poursuit. Le succès de cette politique industrielle novatrice contribue à l'orientation favorable des indicateurs économiques français: amélioration de la croissance, reprise des investissements manufacturiers et hausse attendue des dépenses R&D. Ainsi, une étude de la Commission européenne rendue publique le 23 août anticipe une hausse de 5% par an des dépenses de R&D dans l'Union européenne et place la France dans le trio de tête des pays européens pour les intentions d'augmentation de la R&D déclarées par les entreprises."

 

Lire également sur ce sujet, la communication de François Loos, Ministre délégué à l'Industrie, et Christian Estrosi, Ministre délégué à l'Aménagement du territoire, lors du Conseil des ministres de ce jour, 30 août 2006.

Consulter le site officiel de la compétitivité française.

Voir aussi la vidéo sur le site du Premier ministre. 

Ce bilan diffère de celui dressé en avril dernier par l'OCDE. Malgré un bilan jugé globalement positif, l'organisation s'interrogeait sur la place laissée aux PME dans cette initiative (voir la note concernant Emmanuel Leprince du 23/08/2006), sur le saupoudrage des pôles de compétitivité et sur la faible prise en compte de la dimension européenne. 

Jeune entreprise innovante, pme, industriels, vous êtes sur le terrain. Faites-nous part de votre retour d'expérience des pôles de compétitivité... Profitez de notre espace "commentaires" et lançons un débat...

29.08.2006

R&D : l'Europe de l'Est monte au créneau

medium_inova.jpgLes pays de l'Europe de l'Est pourraient avoir un rôle croissant à jouer dans la R&D mondiale. D'après une étude d'Europe Innova (une initiative financée par la Commission européenne dans le cadre du 6ème PCRD) publiée le 24 août, l'innovation dans les 10 nouveaux Etats membres pourrait être dynamisée. Les solutions? Une plus forte spécialisation des clusters régionaux et une implication plus marquée de l'Union Européenne.

Car ces pays commencent à prendre du poids dans le milieu de la R&D. Leurs grappes régionales, gage de compétitivité, auraient créées 1 million de nouveaux emplois entre 2000 et 2004, soit une augmentation de 10% d'après les auteurs de cette enquête. Des chiffres qui ne sont pas sans rappeler les conclusions d'un rapport livrée en juin dernier par l'AFII (Agence française pour les investissements internationaux). "On observe une progression de la part des pays d’Europe de l’Est entre 2002 et 2005 [en ce qui concerne les investissements internationaux en R&D sur le sol européen]. Ceux-ci parviennent même à faire jeu égal en 2005 avec l’ouest du continent pour le nombre d’emplois créés."

Un retard à rattraper 

Les auteurs de l'étude préconise donc, pour rendre plus compétitive chacune de ces grappes, qu'elles se spécialisent et qu'elles renforcent leur unité géographique, à l'image peut-être des pôles de compétitivité français. Ils estiment aussi que l'Union Européenne devrait se retrousser les manches: "[...] les politiques d'innovation, les politiques régionales, les politiques d'attraction des investissements et les politiques en faveur des petites et moyennes entreprises (PME) peuvent renforcer et développer les grappes régionales. L'UE contrôle un grand nombre de ces politiques."

Au vu du constat dressé par les auteurs de cette étude, il y a du pain sur la planche: "Le fait que des régions européennes ont des grappes régionales et des portefeuilles de grappes plus faibles que leurs homologues ailleurs dans le monde contribue à les maintenir à la traîne dans la compétition mondiale." Les raisons ce manque de dynamisme de la part des nouveaux entrants? "Tous ont connu des obstacles au commerce, à l'investissement et à la mobilité relativement à l'UE, et les huit pays d'Europe centrale et orientale souffrent également de l'héritage d'un système d'économie planifiée où les décisions en matière d'activités économiques étaient prises par des responsables politiques, et non par les entrepreneurs ou en fonction de l'efficacité économique."

La R&D européenne aurait certainement tout à gagner à favoriser l'essor de centres technologiques des pays de l'Est. Peut-être résisterait-elle mieux ainsi, en pleine internationalisation de la R&D, à l'attractivité des pays asiatiques.

Olivier James

23.08.2006

Soutenir les PME innovantes, oui, mais lesquelles ?

Emmanuel Leprince

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Comment faire en sorte que les PME françaises ne restent plus bloquées sous un plafond de verre ? C'est à cette question cruciale pour la pérennité de la croissance du pays qu'Emmanuel Leprince tente aujourd'hui de répondre dans le quotidien Les Echos. Car le délégué général du Comité Richelieu, l'association française des PME de haute technologie, est, à juste titre, inquiet.

S'il explique que "nos champions mondiaux veillent et gagnent des parts de marchés sur tous les continents", il rappelle aussi "l'incapacité des nouvelles entreprises françaises et européennes à se transformer en entreprises globales leaders de leur domaine." Et de pointer du doigt l'erreur stratégique commise à son sens par les pouvoirs publics : "ce n'est pas en subventionnant avec de la dette publique [faisant référence à l'Agence de l'innovation industrielle] des grandes entreprises profitables et qui n'ont pratiquement plus rien de français que l'on fera émerger en France le futur Google." Autrement dit, pour cet ardent défenseur d'un Small Business Act à la française - qui permettrait aux PME d'accéder aux marchés des grands comptes et des entreprises publiques - rien n'est fait pour permettre aux PME innovantes de se développer et donner toute la mesure de leur potentiel. La jungle compétitive à laquelle ces gazelles sont confrontées ne leur permet pas de se tailler la part du lion.

Contre le laisser-faire 

Et l'Etat n'est pas pour rien dans cette situation. "Le libéralisme mal compris amène à diminuer le rôle de l'Etat pour mettre tous les joueurs dans le même sac afin que le meilleur gagne, celui qui sera choisi par un marché souverain. [...] La compétition renforce les inégalités et débouche sur une polarisation, une uniformisation dont le consommateur est le premier à pâtir." La solution? Que les pouvoirs publics mettent véritablement les mains dans le cambouis et cessent de pratiquer des solutions de facilité. "Il faut aller vers une égalité réelle en construisant un cadre économique grâce auquel la compétition deviendra plus juste."

Pour mettre en place ce cadre, pour soutenir le plus pertinnement possible les bons projets, il faut identifier "les nouvelles entreprises détenant le potentiel de devenir leaders mondiaux dans leur domaine", dixit Emmanuel Leprince. Il propose pour cela de se baser sur les choix effectués dans les pôles de compétitivité. Mais ces regroupements publics/privés n'ont-ils pas mis à l'écart des PME innovantes ? Suffit-il de faire partie de l'un de ces quelques 70 pôles pour prétendre à bénéficier d'aides ? Au vu des multiples acteurs de l'innovation, Emmanuel Leprince suggère avec bon sens "de relier l'ensemble des dispositifs publics destinés aux entreprises afin d'intensifier les aides directes destinées à celles qui auront été sélectionnées." Bonne idée ! Mais qui les aura sélectionnées ? Qui saura reconnaître leur potentiel ?

L'interventionnisme préconisé par Emmanuel Leprince est assurément la bonne voie pour garantir aux PME de s'intégrer dans le tissu économique mondial. Reste à savoir comment et qui doit choisir celles qui auront droit à leur ticket gagnant.

 

Olivier James 

22.08.2006

La terre se réchauffe ? Bonne nouvelle !

Dorénavant, ils n'auront plus d'excuses. Les récalcitrants à la ratification du protocole de Kyoto, Etats-Unis en tête, avançaient toujours la même rengaine : la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre (GES) prôné par ce traité international est un frein à la compétitivité des entreprises, une entrave à l'économie du pays. Les réglementations et autres mesures visant à réduire de 5,2% d'ici 2012 l'émission des GES par rapport à 1990 ? Des contraintes extrêmement lourdes à gérer pour les industries. Alors pour les PME, n'en parlons pas...

Et pourtant ! Une étude de l'université de Berkeley (Californie) publiée le 16 août dernier, et dont le Journal de l'Environnement se fait également l'écho, vient contredire ce discours. Selon l'auteur, qui s'est penché sur le cas concret de la Californie, la lutte contre les GES est susceptible de stimuler l'économie de cet Etat. D'ici 2020, il estime que 17 000 emplois pourraient être créés et que le produit intérieur brut de la Californie pourrait augmenter de 60 milliards de dollars. Rien de moins.

Des opportunités pour les PME  

L'argument en faveur de cette thèse? L'investissement et l'innovation dans de nouvelles technologies capables de réduire les émissions de GES sont propices aux économies des entreprises. "Ce rapport identifie de nouveaux profits capables d'émerger si les objectifs d'innovation sont coordonnées avec une politique de lutte contre le réchauffement climatique", est-il expliqué sur le site de l'Université. Bref, "lutter contre le réchauffement peut être lucratif ", résume simplement David Roland-Holst, l'auteur de l'étude.

Bien sûr, on peut rester dubitatif devant une thèse qui prône le tout-technologique plutôt que la modération consumériste et la lutte contre le gaspillage. N'empêche, comme l'affirme Gérard Zink, Directeur QHSE (qualité, sécurité et environnement) du groupe 3M en France dans l'Usine Nouvelle (12/07/06), "l'environnement et l'énergie constituent aujourd'hui des champs d'innovation, de création de valeur et d'emploi." Et comme en matière d'innovation les PME sont bien souvent plus dynamiques que les grandes entreprises, les nouvelles réglementations environnementales internationales comme le protocole de Kyoto ou le projet Reach (sur les produits chimiques), pourraient finalement permettre à nombre d'entre elles de se développer. 

Vous travaillez pour une entreprise ou en connaissez une qui a mis au point une innovation originale et efficace pour lutter contre le réchauffement climatique ? N'hésitez pas à témoigner et à donner votre avis !

Olivier James 

18.08.2006

Les pôles fédèrent les énergies mais les financiers privés ne sont plus ce qu’ils étaient !

Compétitivité en PACA

Interview publiée dans un supplément du Monde, Les Cahiers de la Compétitivité, 9 mai 2006

Pierre Laffitte, Président du pôle SCS :

medium_laffitte_pierre85003s.jpg"Les pôles fédèrent les énergies mais les financiers privés ne sont plus ce qu’ils étaient!"


En PACA, on ne présente plus le charismatique sénateur Laffitte. X-Mines, père spirituel du premier cluster avant la lettre avec Sophia-Antipolis, président du pôle mondial Solutions Communicantes Sécurisées, Pierre Laffitte, 81 ans, est un vrai jeune homme, passionné tout autant par l’éthique scientifique et le développement durable que les nanotechnologies et la RFID.

La profusion des pôles est-elle une bonne chose pour la compétitivité ?

Suite à son appel d’offre, la Datar s’attendait à une dizaine de réponses. Le gouvernement s’est retrouvé face à une vague qu’il n’avait pas anticipée. On pourrait penser que 68 pôles, c’est trop. Je crois pour ma part qu’il était difficile de faire fi des bonnes volontés. Espérons que les processus administratifs de labellisation des projets ne seront pas retardataires. Il est clair que l’AII, l’ANR, le Ministère de l’Industrie ou encore Oseo-Anvar devront eux aussi s’adapter à cette nouvelle dynamique. La compétitivité liée à l’innovation est indispensable pour permettre à la France de rejoindre le peloton de tête des pays développés. Tout en générant des centaines de millier de création d’emploi. Nous vivons aujourd’hui une véritable révolution sociale basée sur la numérisation de la société.

Quels sont les atouts spécifiques de PACA ?

Nous avons la chance de réunir en PACA une quantité de structures industrielles de caractère international, de start-up innovantes et de laboratoires de recherche qui participent déjà à plusieurs pôles. Tous les acteurs sont engagés : les grandes écoles, comme celle des Mines ou l’institut Eurecom, sont parties prenantes. Toutes les universités et les laboratoires de PACA sont présents dans les pôles. Sans compter les sous-traitances qui se développeront à partir des projets labellisés et qui ne sont pas encore formulées. Evidemment, ces collaborations ne sont pas nées uniquement de l’appel à projet. Nous disposions déjà d’une forte activité en la matière. Le problème a donc été de sélectionner les projets les plus mûrs.

La région PACA peut-elle rivaliser à l’international ?

Bien sûr ! Nos pôles ne sont pas purement hexagonaux, ils sont tournés vers l’extérieur. Tous nos projets ont un partenariat étranger. Cela renforce notre attractivité pour les sièges sociaux mondiaux, européens ou français de multinationales comme IBM, HP, SAP ou Hitachi… Sur SCS, Cisco ou Siemens sont déjà prêts à doubler la mise de leurs investissements ! Notre monde s’ouvre de plus en plus, la compétition n’en est que plus renforcée. Un exemple : Wipro Technologies, le géant indien de l’informatique vient de décider d’intensifier son implantation dans notre région. Même en informatique, l’Inde peut considérer qu’il y a une compétitivité possible en Paca ! Quant aux risques ou craintes de la mondialisation, Sophia a au contraire pensé que c’était une chance. Sans la mondialisation, Sophia n’existerait pas !

La vision régionale garde-t-elle un sens ?

Pour l’instant oui, mais on ne peut se limiter à une vision régionale des pôles. L’organisation territoriale est importante mais il faut veiller à ce que les relations inter-pôles se développent. Surtout que notre pôle SCS concerne pratiquement la totalité des pôles : tous ont besoin de solutions communicantes sécurisées. Nous avons donc intérêt à multiplier les contacts privilégiés avec d’autres secteurs et d’autres pôles nationaux. SCS est en relation avec l’ensemble des pôles TICS français. Les pôles « Mer » sont déjà en relation, même chose pour les pôles « Risques ». Les scientifiques se connaissent entre eux. Les industriels aussi. 

Comment aider les PME à devenir les leaders de demain ?

La question cruciale des PME est avant tout un problème de dynamique du capital-risque en France. Le petit nombre des success-stories en Europe est préoccupant. Raison principale : les capital-risqueurs européens sont plus frileux que les industriels. Or la majeure partie des fonds est privée. Les grandes banques d’investissement ne sont plus ce qu’elles étaient à l’époque de la création des sociétés qui composent le CAC 40 aujourd’hui ! Les entreprises ont besoin de beaucoup d’argent. La solution que je préconise : demander à la banque européenne d’investissement de lancer un grand emprunt de l’ordre de 150 milliards d’euros réservé à l’innovation. Cela permettrait de booster les possibilités de capital amorçage.

Propos recueillis par Jean-Christophe Buchot