28.09.2006

Biocarburant E85 : l'IAR en pôle position

medium_flotte_flexfuel72_dpi.jpgL'E85 ? Un carburant composé à 85% d'éthanol d'origine végétale et de 15% d'essence Sans Plomb 95. Depuis quelques jours, ce biocarburant fait beaucoup parler de lui. Thierry Breton vient d'ailleurs d'annoncer sa mise à disposition pour le grand public via un réseau de 500 "pompes vertes" d'ici un an ou deux. Une initiative qui n'est pas étrangère au pôle de compétitivté Industrie et Agro-Ressources (IAR)...

"L'E85 est un projet expérimental que nous menons à l'IAR depuis octobre 2005", assure Jean-Marie Chauvet, responsable commission biocarburant au sein du pôle de compétitivité. Le lancement officiel a lieu le 1er janvier juin 2006 au conseil général de la Marne (photo). Depuis, "le pôle a tenu le rôle de véritable aimant. Notre projet a d'abord surpris pour finalement fédérer de nombreux acteurs du secteur." Et pour cause: "s'il provoque une surconsommation de 30%, il rejette 70% de CO2 en moins qu'un carburant standard", affirme Jean-Marie Chauvet. Et devrait avoisiner les 0,80 centimes d'euros.

L'IAR met le feu aux poudres

Le projet initial prévoyait de lancer 100 automobiles équipées de moteur flex fuel (voir notre note du 25/09/06). Maintenant, l'objectif est de mettre en place une flotte de 5000 véhicules. "Afin, selon un document du pôle, de constituer une base de données scientifiques et techniques permettant d'évaluer les impacts économiques, environnementaux et sociétaux". Les véhicules flex fuel, encore cantonés aux collectivtés et entreprises, devraient être mis à la vente pour le grand public courant 2007.

L'IAR peut donc s'ennorgueillir d'être à l'origine de l'initiative gouvernementale. "Alain Prost [président du groupe de travail en charge du plan Flex Fuel 2010] est venu régulièrement nous consulter, explique Jean-Marie Chauvet. Et une bonne partie de nos propositions ont été prises en compte."

 
Olivier James

07.09.2006

Rencontre mondiale des clusters et pôles de compétitivité

Selon un communiqué de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Lyon diffusé le 7 septembre 2006 par le ministère de l'Economie, le réseau mondial des clusters et pôles de compétitivité se réunira à Lyon du 9 au 13 octobre prochains.

 

medium_Lyon.gifAprès Hong-Kong en 2005, Ottawa en 2004, Göteborg en 2003… Lyon accueillera du 9 au 13 octobre 2006, la Rencontre mondiale des clusters et pôles de compétitivité, en présence de François Loos, Ministre délégué à l’Industrie.

Pendant cinq jours, 400 acteurs venus de plus de 40 pays pourront échanger, confronter leurs expériences des clusters et pôles de compétitivité et débattre autour du thème retenu pour cette conférence 2006 : «Gouvernance et implication des entreprises dans les démarches clusters».

Cette rencontre est organisée à l’initiative de The Competitiveness Institute (TCI) et par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Lyon, en partenariat avec la Région Rhône-Alpes, le Grand Lyon et le MINEFI, et avec le soutien de la Caisse des Dépôts et EDF. Tous ces acteurs sont en prise directe avec les clusters et pôles de compétitivité.

Rhône-Alpes et Lyon constituent une terre très fertile pour les clusters et pôles de compétitivité. En effet, les premiers clusters français ont été inaugurés en Rhône-Alpes dès la fin des années 90 et sont aujourd’hui au nombre de 7. Par ailleurs, la région qui recense 15 pôles de compétitivité, dont 3 de niveau mondial, se positionne comme une des plus dynamiques en France.  

La place de la France dans le réseau mondial des clusters

Alors que les pôles de compétitivité labellisés en 2005 ont mis en place leur système de gouvernance et lancé leurs premiers projets, et au moment ou leur développement international devient une priorité, cette rencontre est une occasion unique pour :

- donner une visibilité internationale aux initiatives françaises en termes de clusters et pôles de compétitivité. Véritable « vitrine internationale » des clusters, cette manifestation leur permet de se faire connaître auprès d’un réseau mondial.

- s’enrichir des expériences clusters de plus de quarante pays. Les participants pourront « sur place » réaliser une veille internationale pour analyser, comparer et confronter leurs pratiques à celles de leurs homologues internationaux.

- intégrer un réseau mondial de praticiens de clusters. L’association TCI, qui compte environ 500 membres, a pour but de favoriser et de développer les initiatives clusters à travers le monde. L’intégration dans ce réseau peut ainsi favoriser les échanges entre entreprises et promouvoir l’innovation afin d’améliorer la compétitivité.

Réunir tous les acteurs de l'innovation 

La Rencontre mondiale des clusters et pôles de compétitivité s’adresse aux entrepreneurs, décideurs institutionnels, consultants, chercheurs et universitaires concernés par les initiatives visant à favoriser la compétitivité par l’innovation.

Près de 400 participants de 40 pays sont attendus pour une semaine d’échanges autour de ce thème à Lyon.

5 temps forts pour partager connaissances et savoir-faire

Clusters Tours : l’objectif est de montrer sur le terrain la collaboration des acteurs de clusters et pôles de compétitivité. Huit visites sont organisées en Rhône-Alpes dans les secteurs suivants : nanotechnologies, sciences du vivant, chimie-environnement, transports du futur, énergies renouvelables, loisirs numériques, textiles techniques et agriculture biologique.

Session dédiée aux entreprises, principalement aux PME-PMI. A l’heure où la compétitivité est au cœur des préoccupations des entreprises, cette session a pour but de les sensibiliser à l’importance de leur implication dans les clusters et pôles de compétitivité.

Forum interclusters visant à mettre en relation les participants avec leurs homologues internationaux en fonction de leur secteur d’activité.

Conférences plénières et Ateliers pour favoriser le partage d’expériences et de bonnes pratiques clusters et pôles de compétitivité autour de huit thèmes : Gouvernance, Implication des entreprises, Techniques d’évaluation, Management de l’innovation, Connecter les réseaux,  Cas pratiques, Le rôle de chaque acteur, Initiatives clusters dans les pays émergents.

Sommet académique présentant les dernières avancées théoriques en matière de compétitivité des entreprises et des territoires.

Gouvernance et implication des entreprises

Le mode de gouvernance et l’implication des entreprises sont les deux facteurs déterminants du succès des initiatives clusters et pôles de compétitivité, raison pour laquelle ils constituent le thème global de cette rencontre.

La gouvernance est aujourd’hui au cœur des débats dans le monde en tant que système de pilotage. L’enjeu de la rencontre est donc de contribuer à faire avancer de concert le monde des affaires, de la politique, de l’enseignement et de la recherche.

Une étude du BIPE confirme par ailleurs l’importance de l’implication des entreprises dans les clusters et pôles de compétitivité. Réalisée pour le compte de la DATAR/DIACT, cette étude intitulée Avantages retirés par les entreprises de leur participation à un cluster montre que leur implication permet :

- d’atteindre des objectifs qu’elles ne pourraient pas se fixer individuellement pour assurer la profitabilité et la croissance de leur activité,

- de mutualiser les moyens pour créer, protéger ou accroître les bénéfices recherchés.

 

Un vaste programme auquel il serait bon que vous apportiez votre grain de sel…

Plus d'infos... 

30.08.2006

Un an de compétitivité, le bilan selon le gouvernement

medium_ANI.jpgLe Président de la république publie ce jour, 30 août, un premier bilan des pôles de compétitivité:

 

"La politique des pôles de compétitivité vise à stimuler l'innovation et accroître la compétitivité des entreprises présentes en France pour leur permettre de créer de la richesse et des emplois. C'est une politique industrielle et d'aménagement du territoire novatrice qui vise à s'appuyer sur la proximité et la solidarité territoriale pour rapprocher enseignement supérieur, recherche publique et entreprises.

1. Tous les pôles de compétitivité sont aujourd'hui opérationnels

Un an après la labellisation de 66 pôles de compétitivité, dont 16 pôles mondiaux ou à vocation mondiale, ceux-ci sont pleinement opérationnels. Dès la fin 2005, l'ensemble des contrats cadres des pôles de compétitivité ont été validés, permettant la mise en place de structures de gouvernance qui intègrent quasi-systématiquement des PME. La dynamique engagée dans chaque pôle a d'ores et déjà permis un décloisonnement des rapports entre entreprises et centres de recherche.

2. Les moyens financiers publics annoncés sont mis en place selon le rythme prévu.

La politique des pôles de compétitivité a été dotée de moyens importants, puisque la part de l'État s'élève à 1,5 milliard d'euros sur trois ans. Cela comprend 230M€ sur le budget de l'État pour les aides à la R&D (Recherche et Développement), et 310M€ pour les agences (80M€ de l'AII (Agence de l'Innovation Industrielle), 200M€ de l'ANR(Agence Nationale de la Recherche) et 30 M€ d'Oseo Anvar).
Le financement des projets de R&D fait l'objet d'une procédure simplifiée grâce au regroupement au sein d'un fonds unique avec une procédure unique autour de 3 appels à projets par an, des financements de 6 ministères: Industrie, Défense, Agriculture, Equipement, Santé et Aménagement du territoire.
Le gouvernement met aussi en place des dispositifs d'aides fiscales zonées prévus par la loi de finances pour 2005, avec, notamment, la définition pour chaque pôle d'une zone de R&D, destinataire d'avantages spécifiques. Il a été ainsi publié un certain nombre de zones au JO de samedi dernier.

3. Le premier bilan des projets de R&D montre l'effet de levier de ces aides

A ce jour les appels à projets de 2006 et de 2005 ont permis de soutenir 165 projets qui représentent un montant de dépenses de R&D de 1,5 milliards d'euros et 4000 chercheurs.
Les appels à projets de l'ANR réalisés en 2005 ont permis le financement de 330 projets de recherche partenariaux public-privé ou amont. Le soutien de l'ANR en 2006 aux pôles devrait être du même ordre de grandeur.
L'analyse des projets montre une concentration thématique sur les secteurs télécom et multimédia, énergie, santé, biotechnologies, aéronautique et transports - qui recueillent plus des trois quarts des crédits.

4. La politique des pôles de compétitivité sera poursuivie en tenant compte des premiers retours d'expérience
Il y aura ainsi:
• Poursuite de l'effort de simplification
• Incitation à se coordonner des pôles qui traitent d'une même thématique
• Accélération du développement international des pôles de compétitivité. Des projets de coopération avec entreprises et organismes de recherche situés en Allemagne, au Portugal, au Japon et au Canada ont été identifiés par certains pôles à la suite de missions effectuées dans ces pays.
• Association des financements et des compétences du capital risque et du capital investissement. Des forums de financement et de l'innovation sont organisés en région depuis le début 2006 et seront poursuivis jusqu'en 2007. Ces forums permettent une mise en relation des entreprises innovantes avec les investisseurs en s'appuyant sur les pôles de compétitivité.
• Renforcer l'évaluation des pôles de compétitivité.
L'élan suscité par l'appel à projets pour la labellisation des pôles de compétitivité se poursuit. Le succès de cette politique industrielle novatrice contribue à l'orientation favorable des indicateurs économiques français: amélioration de la croissance, reprise des investissements manufacturiers et hausse attendue des dépenses R&D. Ainsi, une étude de la Commission européenne rendue publique le 23 août anticipe une hausse de 5% par an des dépenses de R&D dans l'Union européenne et place la France dans le trio de tête des pays européens pour les intentions d'augmentation de la R&D déclarées par les entreprises."

 

Lire également sur ce sujet, la communication de François Loos, Ministre délégué à l'Industrie, et Christian Estrosi, Ministre délégué à l'Aménagement du territoire, lors du Conseil des ministres de ce jour, 30 août 2006.

Consulter le site officiel de la compétitivité française.

Voir aussi la vidéo sur le site du Premier ministre. 

Ce bilan diffère de celui dressé en avril dernier par l'OCDE. Malgré un bilan jugé globalement positif, l'organisation s'interrogeait sur la place laissée aux PME dans cette initiative (voir la note concernant Emmanuel Leprince du 23/08/2006), sur le saupoudrage des pôles de compétitivité et sur la faible prise en compte de la dimension européenne. 

Jeune entreprise innovante, pme, industriels, vous êtes sur le terrain. Faites-nous part de votre retour d'expérience des pôles de compétitivité... Profitez de notre espace "commentaires" et lançons un débat...

24.08.2006

« Les industriels vont pouvoir guider la recherche appliquée. »

medium_dutheil2.jpgAlain Dutheil, vice président de SCS, DG de STMicroelectronics

Diplômé de l'Ecole Supérieure d'Ingénieurs de Marseille, Alain Dutheil débute sa carrière chez Texas Instruments. Il rejoint ensuite STMicroelectronics dont il est l’actuel directeur général. Il assure avec Pierre Laffittela présidence du pôle mondial SCS. Deux fortes personnalités pour une gouvernance équilibrée.

Pourquoi les industriels s’investissent-ils autant dans les pôles ?

Les pôles répondent à un vrai besoin. Sans cet appel à projet, des collaborations ne se seraient jamais produites. Comme celles entre le hardware à l’ouest et le soft à l’est de PACA. Cette nouveauté française est observée de très près par nos voisins européens. L’Europe doit changer la donne. On ne peut rivaliser sur les coûts de production avec les pays à bas taux de main d’œuvre mais on peut rivaliser grâce à l’innovation. Nous devons innover et collaborer pour concurrencer l’Asie. Les industriels le font tous les jours. Par exemple, Philips, STMicroelectronics et Freescale coopèrent sur des briques technologiques communes. Ensuite, libre à chacun de construire comme il veut « sa maison » avec ces briques. Il s’agit surtout de ne pas dupliquer les efforts. La recherche fondamentale doit continuer à jouer son rôle. Mais, grâce aux pôles, sur chacun des programmes, les industriels vont pouvoir guider la recherche appliquée vers de nouveaux besoins, ce qui n’a pas toujours été le cas.

Les PME ont-elles des raisons de se méfier des grands-groupes?
Il ne faut surtout pas mettre en opposition PME et grands groupes. Leurs relations sont naturelles. Les PME ont toujours eu besoin des grandes sociétés comme références dans leur clientèle. Quand un industriel s’installe dans une région, un réseau de PME s’établit autour de lui. Comme dans la zone de Rousset. De surcroit, la plupart des grandes sociétés ont des programmes de spin-off. Avant de devenir numéro un mondial de la carte à puce, Gemplus a démarré comme un spin-off de ST ! Le créateur du Gemplus, Marc Lassus, faisait tout comme moi partie de l’équipe dirigeante de Thomson Semi-conducteurs.

 
Comment manage-t-on une entreprise innovante ?
En commençant par se rapprocher de ses clients, en travaillant dès le début du programme en étroite collaboration avec eux sur la convergence des applications. Sans cela, difficile d’être performant. Le marché est global, il est donc indispensable de penser immédiatement à l’international. Enfin, il convient d’être très flexible dans l’entreprise, en disposant notamment de cadres multidisciplinaires. On ne peut plus se cantonner à un seul domaine. Les besoins peuvent changer très rapidement…

Propos recueillis par Jean-Christophe Buchot. Printemps 2006 

 

21.08.2006

Innovation française : peut mieux faire

Si la France passait le bac de l'innovation, elle l'obtiendrait de justesse avec la mention passable. C'est en substance l'une des conclusions d'une étude menée par l'INSEE sur l'économie française parue le 6 juillet dernier. L'Hexagone peut-il encore remonter la situation et tenir les objectifs de la stratégie de Lisbonne ?

"La capacité à innover est devenu le principal avantage compétitif des pays développés, rappelle l'INSEE dans son étude. Moteur essentiel du renouvellement du système productif, une forte capacité d’innovation constitue un indice de la santé d’une économie et de sa capacité à résister à la concurrence." Pourtant, la France n'a, selon l'Institut, pas de quoi pavoiser.

Premier constat: le nombre de dépôts de brevets auprès de l'Office Européen du Brevet est inférieur à celui de nombreux pays européens. La France se situe juste au-dessus de la moyenne des pays de l'OCDE. "Des analyses complémentaires montrent que contrairement au Canada et aux Etats-Unis, et dans une moindre mesure au Japon et au Royaume-Uni, le France est peu spécialisée dans les domaines à haut potentiel."

Autre indicateur peu flatteur d'après l'étude: "La France est le cinquième pays en terme de niveau de dépenses de R&D (5% du total de l’OCDE en 2003, avec 35 milliard d’euros). Cependant, rapporté à la taille de l’économie, l’effort global de R&D s’élève à 2,2 % du PIB, ce qui situe la France dans une position intermédiaire." En termes de dépenses intérieures brutes de R&D en pourcentage du PIB, la France se situe en-dessous de la moyenne de l'OCDE.

De ce tableau un peu sombre émerge toutefois un élément positif. "Les entreprises considérées comme « innovantes » [...] contribuent de façon très importante à la croissance de la productivité : elles sont à l’origine d’environ 30% de cette croissance jusqu’au milieu des années 1990, puis 47% sur la période 1997/2000, et plus de 62% entre 2000 et 2003." Au vu de ces chiffres, c'est donc bien sur les épaules des PME que semble reposer l'avenir de l'innovation française.

Un exemple parmi tant d'autres ? La PME Realviz basée à Sophia Antipolis, place l'innovation  au centre de tous les enjeux: la société y investit près de 40 % de son chiffre d'affaires !

Mais est-il souhaitable que nos PME innovantes soient les seules à supporter le poids de l'innovation ?


Olivier James

18.08.2006

Les pôles fédèrent les énergies mais les financiers privés ne sont plus ce qu’ils étaient !

Compétitivité en PACA

Interview publiée dans un supplément du Monde, Les Cahiers de la Compétitivité, 9 mai 2006

Pierre Laffitte, Président du pôle SCS :

medium_laffitte_pierre85003s.jpg"Les pôles fédèrent les énergies mais les financiers privés ne sont plus ce qu’ils étaient!"


En PACA, on ne présente plus le charismatique sénateur Laffitte. X-Mines, père spirituel du premier cluster avant la lettre avec Sophia-Antipolis, président du pôle mondial Solutions Communicantes Sécurisées, Pierre Laffitte, 81 ans, est un vrai jeune homme, passionné tout autant par l’éthique scientifique et le développement durable que les nanotechnologies et la RFID.

La profusion des pôles est-elle une bonne chose pour la compétitivité ?

Suite à son appel d’offre, la Datar s’attendait à une dizaine de réponses. Le gouvernement s’est retrouvé face à une vague qu’il n’avait pas anticipée. On pourrait penser que 68 pôles, c’est trop. Je crois pour ma part qu’il était difficile de faire fi des bonnes volontés. Espérons que les processus administratifs de labellisation des projets ne seront pas retardataires. Il est clair que l’AII, l’ANR, le Ministère de l’Industrie ou encore Oseo-Anvar devront eux aussi s’adapter à cette nouvelle dynamique. La compétitivité liée à l’innovation est indispensable pour permettre à la France de rejoindre le peloton de tête des pays développés. Tout en générant des centaines de millier de création d’emploi. Nous vivons aujourd’hui une véritable révolution sociale basée sur la numérisation de la société.

Quels sont les atouts spécifiques de PACA ?

Nous avons la chance de réunir en PACA une quantité de structures industrielles de caractère international, de start-up innovantes et de laboratoires de recherche qui participent déjà à plusieurs pôles. Tous les acteurs sont engagés : les grandes écoles, comme celle des Mines ou l’institut Eurecom, sont parties prenantes. Toutes les universités et les laboratoires de PACA sont présents dans les pôles. Sans compter les sous-traitances qui se développeront à partir des projets labellisés et qui ne sont pas encore formulées. Evidemment, ces collaborations ne sont pas nées uniquement de l’appel à projet. Nous disposions déjà d’une forte activité en la matière. Le problème a donc été de sélectionner les projets les plus mûrs.

La région PACA peut-elle rivaliser à l’international ?

Bien sûr ! Nos pôles ne sont pas purement hexagonaux, ils sont tournés vers l’extérieur. Tous nos projets ont un partenariat étranger. Cela renforce notre attractivité pour les sièges sociaux mondiaux, européens ou français de multinationales comme IBM, HP, SAP ou Hitachi… Sur SCS, Cisco ou Siemens sont déjà prêts à doubler la mise de leurs investissements ! Notre monde s’ouvre de plus en plus, la compétition n’en est que plus renforcée. Un exemple : Wipro Technologies, le géant indien de l’informatique vient de décider d’intensifier son implantation dans notre région. Même en informatique, l’Inde peut considérer qu’il y a une compétitivité possible en Paca ! Quant aux risques ou craintes de la mondialisation, Sophia a au contraire pensé que c’était une chance. Sans la mondialisation, Sophia n’existerait pas !

La vision régionale garde-t-elle un sens ?

Pour l’instant oui, mais on ne peut se limiter à une vision régionale des pôles. L’organisation territoriale est importante mais il faut veiller à ce que les relations inter-pôles se développent. Surtout que notre pôle SCS concerne pratiquement la totalité des pôles : tous ont besoin de solutions communicantes sécurisées. Nous avons donc intérêt à multiplier les contacts privilégiés avec d’autres secteurs et d’autres pôles nationaux. SCS est en relation avec l’ensemble des pôles TICS français. Les pôles « Mer » sont déjà en relation, même chose pour les pôles « Risques ». Les scientifiques se connaissent entre eux. Les industriels aussi. 

Comment aider les PME à devenir les leaders de demain ?

La question cruciale des PME est avant tout un problème de dynamique du capital-risque en France. Le petit nombre des success-stories en Europe est préoccupant. Raison principale : les capital-risqueurs européens sont plus frileux que les industriels. Or la majeure partie des fonds est privée. Les grandes banques d’investissement ne sont plus ce qu’elles étaient à l’époque de la création des sociétés qui composent le CAC 40 aujourd’hui ! Les entreprises ont besoin de beaucoup d’argent. La solution que je préconise : demander à la banque européenne d’investissement de lancer un grand emprunt de l’ordre de 150 milliards d’euros réservé à l’innovation. Cela permettrait de booster les possibilités de capital amorçage.

Propos recueillis par Jean-Christophe Buchot

28.04.2005

LA FRANCE REDECOLLE !!!

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L'Airbus A380, véritable Normandy des airs, nous montre la voie de l'innovation pour résister aux défis de la mondialisation.

Autour de leurs projets, petits et gros porteurs doivent fédérer un grand nombre d'alliés pour prendre leur envol !
De la Chine à la Normandie, tout le monde applaudit la performance de l'industrie européenne !