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06.06.2006

666 IPV6

Caen capitale mondiale de l'IPV6

05.06.2006

Innover, c’est réseauter

La grandeur d’une civilisation s’est toujours mesurée à cette aune: lorsque les artistes créent, les chercheurs inventent, les explorateurs découvrent et les entrepreneurs innovent. Et la prospérité est au rendez-vous ! Pour innover, par définition, il faut faire du neuf. Il faut donc éviter les modèles mécaniques, les attributions trop rigides des tâches et des rôles, ainsi que les programmes trop contraignants.

Dans toutes les innovations, les décisions impliquent une multitude d’acteurs aux compétences et aux projets dissemblables. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, c’est lorsqu’il s’agit de sciences et de techniques (pourtant considérées comme des parangons de logique, d’ordre et de rationalité), que les décisions rationnelles sont les plus difficiles à imaginer. L’innovation requiert un environnement favorable, établi ou à créer. Sachant qu’une innovation n’en est une que si elle satisfait une demande. L’adoption d’une innovation passe par une série de décisions qui dépendent du contexte particulier dans lequel elle s’insère. L’évaluation des défauts et des avantages d’une innovation est toute entière entre les mains des utilisateurs : elle dépend de leurs attentes, de leurs intérêts, des problèmes qu’ils se posent. Trop souvent, les ingénieurs ne font qu’appliquer la fallacieuse maxime de l’exposition universelle de Chicago en 1933 : La science découvre, l’industrie applique et l’homme suit … L’ennui, c’est qu’il arrive à l’homme de ne pas suivre…

Le succès de l’innovation tient à l’adaptation mutuelle d’un produit bien défini et d’un public bien identifié. Un objet n’est repris que s’il parvient à intéresser des acteurs de plus en plus nombreux. Pour se faire, l’innovation est perpétuellement en quête d’alliés. Elle doit s’intégrer dans un réseau d’acteurs qui la reprennent et la soutiennent. Que le sort d’un projet dépende des alliances qu’il permet et des intérêts qu’il mobilise, explique pourquoi aucun système fut-il complexe ne permet d’assurer a priori le succès. Plutôt que de rationalité des décisions, il conviendrait mieux de parler de l’agrégation d’intérêts que celles-ci sont ou non capables de produire. L’innovation, c’est l’art de « réseauter », c’est-à-dire d’intéresser un nombre croissant d’alliés qui vous rendent de plus en plus fort. Elle dépend donc avant tout de la qualité de ses porte-paroles. Les 67 pôles de compétitivité français seront-ils en mesure d’assurer cette force et cette audience aux TPE et PME innovantes ? De la réponse à cette question dépend l’avenir de l’économie et de la société française.